Le Chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, a présidé, jeudi à Rabat, la cérémonie d'installation des membres de la Commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention contre la traite des êtres humains. Objectif, renforcer les acquis en matière de droits de l’homme du pays.

 Dans une allocution à cette occasion, M. El Otmani a loué l'expérience reconnue des membres de la commission dans la lutte contre la traite des êtres humains en particulier et des droits de l'Homme en général, leur souhaitant un plein succès dans leurs nouvelles missions.

Le Maroc attache une grande importance à la lutte contre la traite des êtres humains, qui se traduit par la ratification de plusieurs conventions internationales, telles que la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et son Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.

En dépit des nombreux défis à relever pour le Maroc, le chef du gouvernement a noté avec satisfaction le remarquable développement du cadre réglementaire et législatif marocain en matière de traite des êtres humains ces dernières années.

Notamment avec la loi adoptée en 2016  sur la lutte contre la traite des êtres humains afin de mettre en place un système législatif intégré pour lutter contre ce phénomène, tandis que le décret sur la création de la commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains a été adopté en 2018 pour fixer ses modalités de fonctionnement.

M. El Otmani a souligné que la création d'une Commission chargée de la lutte et la prévention de la traite des êtres humains vient couronner les efforts déployés par le pays pour s'attaquer à ce phénomène et consolider les droits de l'Homme et l'égalité hommes-femmes en tant que conditions nécessaires à la protection de la dignité humaine et l'amélioration de la qualité de vie.

Le Maroc s'est engagé, sous l'impulsion de SM le Roi Mohammed VI, dans le chantier de la lutte contre la traite des êtres humains et dans l'accompagnement des réformes importantes entreprises pour consolider et soutenir les droits de l'Homme aux niveaux juridique et institutionnel.

La traite des êtres humains est une forme moderne d'esclavage qui ne peut être tolérée dans des sociétés respectant les droits de l'homme et l'égalité entre hommes et femmes, a relevé M. El Otmani, notant que c'est une forme d'humiliation et de dégradation de la dignité humaine, criminalisée et combattue avec tous les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme.

Le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, souligne que la traite des êtres humains comprend de multiples formes, telles que l'exploitation sexuelle, le travail et la servitude forcée, l'esclavage ou des pratiques similaires à l'esclavage, la réduction en esclavage ou le prélèvement d'organes.

Par ailleurs, il s'est dit confiant que les compétences attribuées à cette Commission lui permettraient de soumettre des propositions au gouvernement dans le but de préparer le plan d'action national et de proposer des mécanismes efficaces pour faire face à ce phénomène, qui allient les avantages de la prévention et de la sensibilisation et les impératifs de dissuasion et de protection.

La diversité des représentants de la Commission, qui regroupe les départements ministériels, la sécurité, les institutions nationales et les organisations de la société civile, constituait le meilleur cadre de réflexion collective et une contribution sérieuse à la recherche de solutions pour lutter contre la traite et en réduire les conséquences, s'est félicité M. El Otmani.

Il a souligné que l'attente du gouvernement vis-à-vis de la Commission à soumettre des propositions et des avis consultatifs exigeait une connaissance du phénomène de la traite des êtres humains sous divers aspects, ce qui oblige ses membres à mener dans un premier temps une étude interne sur le terrain et la préparation d'une base de données.

M. El Otmani a appelé les membres de la Commission à proposer diverses possibilités de coopération et de coordination entre les différents départements gouvernementaux concernés et les institutions poursuivant le même objectif.

Les mécanismes de coopération entre les différents ministères et organisations de la société civile auront pour but de sensibiliser au phénomène de la traite des êtres humain, de protéger les victimes, et de s'ouvrir sur les expériences des principaux pays leaders dans ce domaine, soulignant que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour soutenir la commission et lui permettre de s'acquitter efficacement de sa tâche afin d’atteindre les objectifs escomptés.

 

Le360