Alors que son propre peuple ne demande qu’à le voir, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et “sous menace vitale permanente”, est attendu, le 25 mars, à une conférence de «solidarité» sur le Sahara...en Afrique du Sud.

 

 

De la solidarité, c’est bien le peuple algérien, dans la rue depuis plusieurs semaines pour dénoncer le mandat de trop d’un président mourant, qui en a besoin. Mais même gravement souffrant et dans un état de santé proche de la mort clinique, Abdelaziz Bouteflika hiérarchise les «causes» et place au sommet de la pyramide le dossier du Sahara. C'est en tout état de cause ce qui est annoncé dans une conférence de solidarité sur le Sahara prévue les 25 et 26 mars à Pretoria, en Afrique du Sud, à l'instigation du ministère sud-africain des Affaires étrangères. En guest star: Bouteflika himself, comme en atteste le programme de cette conférence consulté par le360.

Les organisateurs de cette conférence ont probablement reçu des assurances suffisamment convaincantes pour annoncer la participation de Bouteflika à cette conférence. On savait que le dossier du Sahara est le sujet prioritaire du régime algérien. Maintenant on sait que le Sahara donne non seulement des ailes à un chef d'Etat impotent, mais peut ressusciter des morts chez les caciques du régime du voisin de l'est.

Le président-candidat, objet d’une contestation massive chez lui après 20 ans de règne, préfère donc réapparaître à Pretoria et non pas à Alger. Littéralement sous perfusion en Suisse où il est en soins «définitifs», selon la Tribune de Genève, il n’a même pas été capable de déposer sa propre candidature à un cinquième mandat chez lui en Algérie. Mais il a les ressources nécessaires pour se «solidariser» avec une question aussi lointaine que fausse et montée de toutes pièces contre le Maroc. Il faut donc croire que le Sahara est une source de jouvence pour les octogénaires qui dirigent l’Algérie…et aussi un territoire où se produisent des miracles.

On retiendra par ailleurs que l’Afrique du Sud, ainsi que la co-organisatrice Namibie, annoncent cet «évènement» en grande pompe et que les chefs d'Etat de l'Éthiopie, du Ghana, du Kenya, de la Mauritanie et de l'Ouganda y seraient également présents, si on accorde du crédit au programme de cette conférence. Ces présidents risquent de passer inaperçus. Tous les photographes et cameramen n’auront d’yeux que pour l’invisible Bouteflika.

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