Après la rupture de l’accord entre la Belgique et l’Arabie saoudite qui permet à cette dernière de financer le fonctionnement et les activités de la Grande mosquée de Bruxelles, les imams des villes du Gand et d’Anvers ambitionnent d’exploiter le lieu de culte à travers une association à but non lucratif (ASBL). Cité par l’agence Belga, le quotidien belge néerlandophone De Morgen rapporte ainsi que les imams gantois Brahim Laytouss et anversois Nordine Taouil veulent transformer la Grande mosquée de Bruxelles en Centre culturel islamique de Belgique.

«La culture primera, car elle réunit, et nous nous opposons aux fatwas qui interdisaient cela auparavant», indique Brahim Laytouss à la même source. Par ce biais, il s’agit de promouvoir «un islam belge : neutre, pluraliste et modéré, respectant l’égalité entre hommes et femmes et la démocratie, la Convention européenne des droits de l’Homme et la Constitution belge», ce que le président de la nouvelle ASBL considère comme «un tournant pour l’islam en Belgique».

Sans détailler, De Morgen indique qu’une deuxième option pour la Grande mosquée existe et émanerait de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), gestionnaire temporaire des lieux depuis la rupture des liens avec l’Arabie saoudite, en attendant une nouvelle concession. L’annulation de l’accord avec le royaume wahhabite a été pensée dans l’idée de mettre fin à toute promotion de l’idéologie extrémiste dans les lieux de culte musulman. En octobre 2017 et suite aux attentats de Bruxelles de mars 2016, une commission d’enquête parlementaire avait recommandé «de mettre un terme à la convention qui a confié la mosquée à l’Arabie saoudite en 1969», la Grande mosquée de Bruxelles ayant été identifiée comme un terreau salafiste.

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