La réduction de la peine de prison (2 ans au lieu de 3) à l’encontre de la femme d’affaires, Hind Achchabi, et la libération de son mari et père de ses deux fillettes, continue d’interpeller l’opinion publique marocaine, comme celle des médias. Cette affaire si complexe et pour le moins étrange de par certains flous juridiques a fini par intéresser la presse française et en particulier Libération.

C’est ainsi que sous le titre « Au Maroc, une femme condamnée à 2 ans de prison pour adultère »,  le quotidien hexagonal relate les péripéties de cette affaire depuis son déclenchement en juin 2016 par l’ex-époux kowéïtien de Hind Achchabi.
Libération fait un rappel des faits et apporte des éclairages…

Rappel des faits

Hind Achchabi était entrée en prison dix jours « seulement » après la naissance de leur deuxième fille, en août 2016, s’offusque Libération. La femme d’affaires avait épousé début 2013 l’ambassadeur du Koweït en Autriche, selon le rite chiite. En août 2014, elle a lancé une procédure de divorce par procuration. Chose qui a été acceptée par le mari. Ce dernier a envoyé « les papiers par coursier à New York, où ils avaient une résidence secondaire….et Hind Achabi aurait conservé les documents originaux dans le coffre-fort de sa résidence new-yorkaise », peut-on lire.

Le début des problèmes

Elle s’est ensuite mariée avec l’homme d’affaires marocain Mohsine Karim-Bennani. Libération évoque alors un véritable « engrenage » qui s’est déclenché en juin 2016. Le koweitien a porté plainte pour adultère et a demandé des tests de paternité. Tandis que Hind Achchabi et ses proches n’ont pas réussi à rejoindre New York pour récupérer « les papiers attestant du bien-fondé de son divorce avec l’ambassadeur, elle s’est vue interdire toute sortie du territoire marocain… à cause de la plainte ».
Autre élément intéressant: « le tribunal a reconnu la légitimité de la première union célébrée au Koweït selon les codes chiites alors que les oulémas marocains le renient, le Maroc étant un pays musulman sunnite », note le quotidien avec étonnement.

Selon l’avocat de la femme d’affaire, l’acte de naissance des deux petites filles, privées de leur mère, est parfaitement légal et certifie la filiation de leurs enfants avec leur père, Mohsine Karim-Bennani. Faut-il voir une nouvelle piste pour la défense?

Soufiane Laraki