C'est un Conseil national résolument encarté dans la conjoncture politique actuelle qu'a tenu le Parti de la justice et du développement (PJD), samedi 11 et dimanche 12 février.

Dès le premier jour des travaux, l'actualité politique du moment s'est imposée. Dans son speech d'ouverture, adressé samedi 11 février au matin, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est longuement revenu sur les négociations pour la formation du gouvernement. Sans apporter de nouveaux éléments, le secrétaire général du parti de la lampe a livré devant ses troupes un état des lieux des négociations.

En évitant soigneusement de formuler publiquement son acceptation de l'Union constitutionnelle (UC) dans la majorité, Benkirane a dirigé ses flèches contre l'Union socialiste des forces populaires (USFP). "L'opinion publique est pleinement consciente de ce qui se passe, et se demande quelle est la logique constitutionnelle et politique qui puisse permettre à un parti ayant obtenu de faibles scores aux élections d'arrêter le cours des négociations", a martelé Abdelilah Benkirane, pour qui l'attitude de l'USFP relève du chantage, le parti de Driss Lachgar "menaçant que le gouvernement sera soit formé avec eux, soit ne verra pas le jour", a-t-il poursuivi.

"Je ne ferai pas d'autres compromis"

"Ce parti", a ajouté Benkirane en référence à l'USFP, "a à peine 20 sièges au parlement, tandis que le Parti de la justice et du développement a décroché 22 sièges rien que dans la région de Rabat". "Qu'ils fassent alors preuve d'humilité !", a scandé Benkirane.

Tout en indiquant qu'il n'est pas disposé à "faire d'autres compromis", en l'occurrence accepter l'entrée de l'USFP au gouvernement, le chef du gouvernement a ajouté qu'il poursuivra les négociations avec le président du Rassemblement national des indépendants (RNI) Aziz Akhannouch et le secrétaire général du Mouvement populaire (MP) Mohand Laenser. "S'ils me répondent, c'est parfait. Si tel n'est pas le cas, je saurai quoi faire", a glissé Benkirane, sans pour autant clarifier sa pensée.

"Nos succès ne sont pas accidentels"

"Nos succès constants confirment qu'il ne s'agit pas d'événements accidentels", s'est félicité le secrétaire général du parti de la lampe, qui considère toutefois qu'il ne s'agit pas "d'acquis définitifs qui ne peuvent faire l'objet de recul, voire s'estomper". Les succès du PJD, selon Benkirane, sont liés "à notre respect envers un certain nombre de valeurs et de principes qui font consensus auprès des Marocains". 

Un congrès décisif

Dimanche 12 février, le Conseil national du PJD a désigné les membres du comité qui se chargera de la préparation du prochain congrès ordinaire du parti. Présidé par Mohamed Yatim, député PJD et président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, le comité préparatoire devrait annoncer le congrès ordinaire du PJD courant 2017. Ce congrès verra en principe l'élection d'un nouveau secrétaire général, mais la question de savoir si Abdelilah Benkirane verra son mandat renouvelé ou prolongé est toujours posée.

En effet, les statuts du PJD accordent au secrétaire général le droit de rempiler pour un second mandat, mais pas pour trois successifs. Abdelilah Benkirane ayant déjà été reconduit pour un second mandat, il devrait donc, en principe, céder sa place.

Les dirigeants et les personnalités du PJD que le HuffPost Maroc a contactés ont refusé de se prononcer sur la question, jugeant "prématuré de parler de succession alors que le secrétaire général est toujours en poste". Cependant, rares sont ceux qui accordent du crédit à l’hypothèse de l’amendement des statuts du parti, afin d’accorder un troisième mandat à Benkirane.

Les difficultés que rencontrera le parti de la lampe pour désigner un successeur à Abdelilah Benkirane, leader charismatique qui a porté, à bout de bras, une certaine idée du PJD durant ces dernières années, peut donner l’impression qu’une réelle impréparation prévaut, et que le PJD s’apprête à faire un saut dans l’inconnu - même si, comme on l’imagine, la question a dû être amplement discutée et débattue en interne.

L’enjeu peut a priori sembler mineur, puisque quelle que soit l’issue du congrès ordinaire du PJD, Abdelilah Benkirane restera chef du gouvernement jusqu’en 2021, mais l’élection d’un nouveau secrétaire général du parti - et donc d’une nouvelle direction du parti - pourrait être l’amorce d’une nouvelle trajectoire pour le PJD.

Qui pour succéder à Benkirane?

Jusqu’à présent, aucun leader de l’envergure de Abdelilah Benkirane ne se dégage pour la succession, et aucun nom n’émerge du lot.

Si nombre de médias avancent que Saâdeddine El Othmani, président du Conseil national du parti et par ailleurs ex-secrétaire général du PJD, est le grand favori, sa candidature pourrait s’avérer un choix de dernier recours. 

 

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